La disparition du capital confiance

18 septembre 2015 30 Par opio

Il aura fallu 10 jours, 2 petites semaines de collège pour que mon envie d’y croire en ce début d’année disparaisse dans les tréfonds. Et je n’ai même pas encore reçu les nouveaux codes d’Ecole Directe bon sang.

Pourtant j’avais anticipé, dès juillet, pour m’assurer une année scolaire zen et sereine, en abreuvant les sites idoines des mes petites annonces pour trouver quelqu’un qui puisse faire travailler Jo. Parce que moi, je n’y arrive pas. Enfin non, je suis de mauvaise foi, la vérité est que je n’ai pas envie en fait de passer 2h par soir assise à côté d’elle pour vérifier qu’elle est bien en train de faire ses exercices de maths et de français et non de sculpter sa gomme en forme de cône de révolution de sommet S et de hauteur SH = 7 cm comme indiqué dans son énoncé (qu’elle aura lu, au moins, victoire) ou plus trivialement de tester un nouveau vernis à ongles au lieu de justifier sa réponse en relevant des indices précis du texte.

Fin août, j’ai enfin eu des réponses, dont une qui m’a donné envie d’aller jouer au loto : une jeune femme de ma ville, en reconversion professionnelle qui est cette année étudiante en école d’orthophonie. Un peu le graal. Elle est enceinte, elle arretera en mars, pas de souci, j’ose esperer que d’ici là, Jo aura pris le pli et n’aura plus besoin de soutien. Elle m’annonce ses tarifs, parfait, nous convenons de nous recontacter une fois que j’aurai l’emploi du temps de Jo pour trouver un créneau. Ce que je fais dès le 1er jour de la rentrée. Au bout d’une semaine, je reçois comme réponse que vu le nombre hallucinant de demandes qu’elle a reçues, elle augmente ses tarifs. Classe. Pas grave. Mais l’emploi du temps de Jo en semaine n’est pas compatible avec le sien, elle me propose alors de caler notre créneau le week end. Parfait. Elle mettra une autre semaine à me répondre que finalement, c’est trop compliqué pour elle le samedi matin, qu’elle prefere réserver pour ses rendez vous de suivi de grossesse.


Merci.

Bien sûr depuis 15 jours, les autres personnes qui m’avaient répondu ont trouvé des elèves et ne sont plus disponibles. J’avoue que j’ai souhaité très fort un énorme bouquet d’hémorroïdes externes et une épisiotomie jusqu’au chignon à cette charmante personne. Et bon courage à ses futurs clients patients.

En parallèle, notre super nounou que j’avais elle aussi recontactée cet été en lui disant qu’on l’attendait de pied ferme le 1er septembre finit par m’annoncer (le 10 …) qu’elle s’est en fait installée à Londres et ne rentrera pas.

Merci.

Je lui souhaite à elle le meilleur, malgré tout, parce qu’on va vraiment la regretter. 

Il ne me manquait plus que la réunion d’information pour les 3ème pour bien m’achever, avec son champ lexical pas du tout anxiogène : année charnière, orientation, réflexion, organisation, autonomie, argumentation… J’ai déjà envie de me pendre quand la prof de français qui nous parle depuis 10mn d’AU-TO-NO-MIE, de LAISSER-FAIRE-SEUL pour renforcer la RES-PON-SA-BI-LI-SA-TION, demande soudain : « qui peut me dire sur quoi nous travaillons depuis la rentrée ? que je distingue les bons des mauvais parents ? haha »

Je crois un instant qu’elle fait du second degré et que les bons parents seront ceux qui ne savent PAS justement, ceux qui appliquent le précepte du laisser-faire-seul qu’elle vient d’évoquer ! mais les mains qui frétillent « moi moi, moi je sais ! La nouvelle à chute ! »  récoltent un regard approbateur et un « bravo Madame Michue :  la nouvelle à chute ».  Un papa ose un « mais alors, l’autonomie dont vous parliez ?  » et bien attention à la réponse…

Autonomie certes, mais « autonomie accompagnée »  :  attention, concept.

wine