Look, the ring !

Look, the ring !

3 avril 2018 45 Par opio

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Je me souviens avec une pointe de nostalgie de l’époque où l’on se racontait des anecdotes dans tous les sens sur nos blogs respectifs. Genre en 2006 quoi (oh le vieux mamouth / tatie danièle  – rayez la mention inutile -). Force est de constater que ma source à moi s’est tarie également et que ça devient chiant aussi par ici : j’ose de moins en moins raconter ce que je vis avec mes grandes, soit parce que j’estime que ça leur appartient -alors que Charlie pas du tout haha mais tout ce que je vis avec Charlie je l’ai déjà vécu et raconté avec ses soeurs- soit parce que je me censure car ce que j’ai envie de partager avec de parfaits inconnus, j’ai moins envie de le partager avec des plus proches qui me lisent désormais, va comprendre Charles (oui je suis née avant 1980).

Enfin tout ça pour dire que cette semaine, en lisant le blog de Sophie d’Au Fil de l’Eau qui raconte dans ses billets le joli côté de son quotidien (les moches, elle les garde pour les déjs de copines, elle !) j’ai eu un flash. Sur ce billet là en particulier, son billet sur la générosité. J’ai trouvé le geste de son garçon absolument trop chouette. Surtout quand je projette sur les soeurs qui habitent ma maison. Mais il ne faut pas projeter, comparer, non, jamais. Sinon on se pend hein ? 

Ca m’a donné envie de raconter une anecdote, une loooongue anecdote comme au bon vieux temps, et qui la concerne directement en plus. Parce que la générosité, je crois bien que c’est ce qui caractérise toute sa petite famille. Alors que chez nous, ce serait plutôt le sarca- non, on n’a dit qu’il fallait pas comparer RHA !

Nous sommes en 2011. Nous nous lisons respectivement par blog interposés, et nous finissons par nous rendre compte, IT’S A SMALL WORLD que nous avons une amie commune dans la vraie vie. Ni une ni deux, nous organisons un diner. Puis deux, puis d’autres. Malgré la difficulté de trouver un créneau commun dans nos agendas de mères de famille débordées, on y arrive toujours, sauf cette fois là. Où notre diner est décalé/annulé deux ou trois fois par chacune de nous à tour de rôle. Y a repet de danse, y a match de rugby, y a réunion parents profs… On fixe pour la quatrième fois une date, en convenant que cette fois çi celle qui annule ira se faire raser le crâne !

Attention, j’ouvre une parenthèse, longue elle aussi, mais essentielle à la suite du récit.

J’ai peu de bijoux « de valeur » très peu : ma montre, la bague que j’ai reçue à la naissance de Jo, un bracelet jonc et c’est tout. Le reste c’est des breloques, de la pacotille… Mon petit kiffe pour occuper mes pauses déjeuner quand je n’ai rien de prévu, c’est d’aller essayer des gros bijoux très chers dans les stands un peu hauts de gamme du Bon Marché voisin. A force d’ailleurs elles doivent me voir arriver les vendeuses : « ah non merde v’là la folledingue qui va encore tout essayer et nous faire inscrire des références pour son mari qui passera pour son soi-disant anniversaire qui approche, prends là moi j’en peux plus elle est déjà venue 3 fois le mois dernier ». J’ai donc une collection impressionnante de cartes avec des références de grosses bagouzes qui me font triper dans mon portefeuille. Y en a bien qui conservent un morceau de cordon ombilical lyophilisé ou des ratiches avec du sang seché dans des petites boîtes.

Fin de la parenthèse.

Ce qui devait arriver arriva, le diner est une 4ème fois annulé, cette fois çi parce que Sophie se rend compte qu’à cette date là, elle sera en week end à New York. Excusez du peu. Désolée et ennuyée de cet ultime annulation, elle nous demande (par mail) ce qu’elle pourrait bien nous rapporter de là bas pour se faire pardonner. Quand je lis son mail, il se trouve que je reviens d’une de mes pauses déjeuners-bijoux. Et du tac au tac, je lui réponds, ben t’as qu’à me rapporter une bague Bulgari B 0 3 anneaux or jaune en taille 49. Haha ! (bon le haha, je ne suis pas certaine de l’avoir écrit, mais je l’ai pensé très très fort, ma réponse étant censée être tellement énorme qu’elle en était très drôle. (si)). Sophie me répond : pas de problème !

Je n’imagine pas un instant qu’elle puisse penser que je suis sérieuse, et qu’elle peut elle-même être sérieuse en me répondant cela (vu le prix de la bague quoi, pas de quoi s’offrir un appart sur Central Park certes, mais peut être une semaine de loyer pour une chambre de bonne quand même).

Normalement, vous voyez le truc venir là.

Quelques semaines plus tard, nous rentrons de week end avec Mr Opio, je nous revois dans les moindres détails, quelque part sur l’autoroute qui rentre de Saint Malo, mon portable bippe, je reçois un SMS de Sophie :  « J’ai ta bague ! ». Je ne comprends pas du tout de quoi elle me parle. Je reçois alors un MMS : une photo d’un écrin Bulgari, avec une bague B 0 or jaune dedans. Quelque chose me dit qu’elle est en taille 49.

La je crie : HAN PUTAIN !

Mr Opio me demande ce qui se passe, je marmonne nan rien nan rien, en tapant frénétiquement un SMS paniqué à notre amie commune : « Sophie m’a pris au premier degré quand je lui ai demandé de me rapporter une bague de New York :  elle me l’a achetée !  »

Placide, la réponse achève de me mettre KO : « bah oui pourquoi ? ce n’était pas du premier degré ? Je t’ai trouvée assez gonflée d’ailleurs… »

Là j’avoue que j’ai pris en pleine face la douloureuse réalité : je suis toute seule sur ma longueur d’ondes et mon humour pourri ne fait rire que moi.

J’explique l’histoire à Mr Opio qui manque de déformer le volant sous la pression de ses poings, mais qui se détend quand je lui rappelle que nous avons des comptes séparés et que je vais me débrouiller comme une grande fille toute seule. (maman ? )

Tout est bien qui finit bien, car j’ai justement eu une petite prime à ce moment là, et pour une rare fois, elle a servi à me faire plaisir à MOI. Rien qu’à moi. Et rien que pour ça, cette bague, c’est vraiment ma preferée de tous mes bijoux, j’adore son histoire, elle me fait sourire à chaque fois que j’y repense.

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Elle me fait sourire aussi parce qu’à chaque fois que mon oeil se pose dessus, je repense à Jo qui m’a dit en la voyant : OH ! on dirait un tuyau de douche !